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Il y a Aïa, la fille-mère résignée. Ernest, le vieux, qui a autrefois connu les champs que recouvre désormais la morne cité. Et aussi Joseph, le sans-logis au grand cœur, et Matteo, le petit trafiquant rieur. Tous semblent sans avenir et désabusés. Mais il y a encore de la vie ! Et si un simple bout de papier pouvait tout changer ? Et s'il était possible d'échapper à son destin ?
Une fresque sociale criante de vérité, parfois fataliste, et pourtant lumineuse et positive. Un véritable roman à suspense en même temps qu'un conte de Noël très, très original. Bref, une véritable bouffée d'air !
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Dans la moiteur du petit magasin, Aïa essuie furtivement son
front baigné de sueur, tout en continuant à présenter les objets étalés sur le
tapis au lecteur optique de sa caisse : « clic !
clic ! ». Les hurlements d’un enfant, non loin, font se retourner les
femmes tandis que, dehors, se profilent sur l’asphalte du trottoir les silhouettes
de grands adolescents désœuvrés, occupés à des jeux sur leurs téléphones
portables et qui regardent en riant sortir les acheteurs. L’ombre des tours obscurcit
encore la morosité du béton, qu’englue inexorablement la noirceur de l’avenue
sur laquelle un grand-père, un peu maladroit avec sa canne, soupire en
marchant.
Ici, continuellement, se coupent à angle droit les arêtes
d’un grand damier : tout est noir et blanc, dans la cité, avec des nuances
de gris qui bavent sur cette alternance régulière de lumière et de néant.
Lui, le vieil Ernest, il a connu les arbres, la prairie, les
vaches et les moutons qu’on élevait ici, autrefois, avant que la ville
tentaculaire ne les rejoigne et ne recouvre tout.
« C’était avant la guerre ! »
Avant, on était tous semblables, tous solidaires aussi - que
ce soient les vendanges ou les moissons, tous continuellement occupés avec les
bêtes, qu’il fallait soigner, et les minuscules jardins potagers, qui
permettaient de se nourrir et de faire des conserves.
Oui, on avait faim, en ce temps-là, mais on n’était pas
seuls !

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